Dimanche 17 avril 2016
, Eglise de Coignières

 

Denis Comtet, organiste

Ensemble vocal Cori Spezzati

Direction, Olivier Opdebeeck
CV Cori Spezzati

Denis Comtet, orgue
CV Denis Comtet

Olivier Opdebeeck, chef de choeur




Programme :
Motets de J.S. Bach : "Komm, Jesu, komm" BWV229, "Furchte dich nicht" BWV653, "Der Geist hilft unser Schwachheit auf" BWV226, "Singet dem Herrn ein neues Lied" BWV225

Chorals (orgue) de J.S. Bach : "Am Wasserflûssen Babylon" BWV653, "O Lamm Gottes unschuldig" BWV656, "Komm Heiliger Geist"

Présentation :

Le motet BWV229 "Viens, Jésus, viens" est interprété par les 24 chanteurs répartis en deux choeur qui tantôt se répondent, s'opposent ou se réjoignent. Olivier Obdebeeck explique ensuite l'origine du double choeur. A l'origine très ancienne, se trouve un célébrant à qui répondent des chanteurs. Vers le milieu du 16° s. un compositeur flamand engagé à la basilique St Marc de Venise a l'idée d'exploiter la présence de tribunes de chaque côté du choeur en y installant les chanteurs ; Andrea et Giovanni Gabrielli qui lui succèdent développent cet usage en y ajoutant des instruments (dont l'orgue installé dans une tribune supérieure). Le procédé a un tel succès que des musiciens allemands comme Schutz viennent se former à Venise et rapportent cet usage à Dresde et à Leipzig.

Le choral "Sur les rives du fleuve de Babylone" BWV653 (extrait sonore) est interprêté par Denis Comtet, qui laisse de côté l'orgue positif avec lequel il accompagnait le choeur, pour les claviers de l'orgue de Coignières qu'il a joué à plusieurs reprises et qu'il sait si bien faire "chanter".

Le motet BWV228 "Ne crains rien je suis avec toi" s'ouvre par une partie à double choeur, suivie par un choral mêlé pour se conclure sur la reprise du thème "Furchte dich nicht, ich bin dein Gott" (extrait sonore).

Olivier Opdebeeck rapporte l'anecdote qui veut que Telemann ayant refusé le poste à l'église St Thomas de Leipzig, c'est Jean-Sébastien Bach qui l'obtient en 1724. Il quitte son poste à la Cour de Weimar car il compte à Leipzig envoyer ses fils dans l'université réputée, lui qui était autodidacte, et surtout parce que la liturgie luthérienne laisse une place importante à la musique notamment à la cantate (il en écrira plus de 200)

Le choral "O Agneau de Dieu innocent" BWV656 est suivi du motet BWV226 "l'Esprit vient à notre secours" se termine par un choral, forme d'écriture destinée à expliquer la foi des chrétiens ; les paroles sont souvent écrites par Luther et mises parfois en musique sur des airs existants.

L'exécution précise des motets du temps de Bach, précise Olivier Opdebeeck, reste encore une énigme : étaient-ils chantés par des solistes ou par des choeurs, accompagnés par des instruments ou seulement par l'orgue ? Nous ne connaissons qu'un nombre réduit de partitions autographes, pour la plupart conservées, à la mort de Bach, par son fils Carl Philip qui les a léguées ensuite à la cour du Roi de Prusse à Berlin, alors que Wilhelm Friedemann en a dispersé la partie dont il avait hérité.
Mozart, lors d'un voyage à Leipzig, découvre les cantates et les motets et comprend la technique du contrepoint.

Le concert va se terminer sur un dernier choral "Viens Esprit Saint" BWV651 et le long motet BWV225 "Chantez au seigneur un chant nouveau" qui se termine par un impressionnant Alleluia (extrait sonore).

Les choristes de Cori Spezzati, menés avec précision par Olivier Opdebeeck et accompagnés à l'orgue par Denis Comtet, ont chanté ces oeuvres difficiles avec beaucoup de nuances et une grande rigueur rythmique. Ils ont conquis le public fort nombreux et attentif qui leur a réservé des applaudissements nourris. En bis Cori Spezzati a donné le choral extrait du motet bien connu "Jesu meine Freude" BWV227.

Olivier Opdebeeck et Denis Comtet Denis Comtet, organiste Cori Spezzati Cori Spezzati